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HISTOIRE DE LA TUNISIE : La Tunisie est peuplée dès la préhistoire. Des traces de présence humaine sont découvertes dans les couches profondes du paléolithique. Les premiers habitants de la Tunisie sont des tribus berbères. Buste d'Hannibal Barca Agrandir Buste d'Hannibal Barca Les Phéniciens s’installent sur sa côte et fondent des colonies dès le Xe siècle av. J.-C.. Au VIe siècle av. J.-C., Carthage grandit en puissance, mais est conquise par Rome (IIe siècle av. J.-C.). La région devient alors l’un de ses greniers. La période vandale en Tunisie commence à partir de 439 avec la prise de Carthage par les Vandales et les Alains du roi Genséric. Sous son règne (427-477), l'Église est victime de violentes persécutions : ses biens sont confisqués tandis que de nombreux hommes d'église sont martyrisés, emprisonnés, exilés voir déportés dans de véritables camps de concentration (au sud de Gafsa). Cependant, la culture latine est largement préservée. Les Vandales eux-mêmes, devenus les maîtres de la province romaine la plus riche de l'Empire, se laissent aller à la douceur de vivre de la Tunisie. Le recrutement de leur armée en souffre à tel point qu'ils préfèrent enrôler les autochtones berbères (romanisés pour la plupart). Carthage est donc facilement prise en septembre 533 par les Byzantins dirigés par le général Bélisaire envoyé par l'empereur Justinien. L'armée byzantine, composée en fait de mercenaires Hérules et Huns, défoncent la cavalerie vandale autrefois tant redoutée. Le dernier roi vandale, Gélimer, se rend en mars 534. La majeure partie du peuple vandale est déportée vers l'Orient, servant comme esclaves, tandis que d'autres sont enrôlés de gré ou de force dans l'armée byzantine comme soldats auxiliaires. Justinien fait alors de Carthage le siège de son diocèse d'Afrique et plus tard de l'exarchat de Carthage. Mais, à la suite de la crise monothéliste, les empereurs byzantins, opposés à l'Église d'Afrique, se détournent rapidement de Carthage. 3 expéditions seront nécessaires pour que les Arabes réussissent à conquérir la Tunisie. La première expédition est lancée en 647. L'exarque Grégoire est battu à Sbeïtla, ce qui démontre l'existence de points faibles chez les Byzantins. En 661, une seconde expédition est lancée et se termine par la prise de Bizerte. La troisième, menée en 670 par Oqba Ibn Nafaa est décisive : Ibn Nafaa fonde la ville de Kairouan durant la même année et la ville devient le centre des expéditions lancées contre le nord et l'ouest du Maghreb. L'invasion complète faillit échouer avec l'assassinat d'Ibn Nafaa en 683. Les Byzantins parviennent à chasser les troupes arabes hors de Kairouan. Ces dernières reviennent en 688 et sont repoussées en Libye. En 695, elles réussissent à prendre Carthage aux Grecs mais les Byzantins la reprennent en 696. La ville est définitivement conquise en 698, ce qui accélère l'arabisation du pays. En 800, le calife Haroun ar-Rachid délègue son pouvoir en Ifriqiya à l'émir Ibrahim ibn Al-Aghlab qui établit la dynastie des Aghlabides qui y règne durant 100 ans. La Tunisie devient un foyer culturel important avec le rayonnement de Kairouan. Les Aghlabides se dotent d'une importante flotte de combat pour écarter le danger venant de la mer. En décembre 909, Abu Abd Allah al-Husayn al-Shi'i, aidé par les Berbères qui refusent la domination aghlabide, déclare descendre de Fatima Zahra (fille de Mahomet), se proclame chef et imam de Tunisie et fonde la dynastie des Fatimides. En 921, la ville de Mahdia est fondée et proclamée capitale du califat fatimide. Le troisième calife, al-Mansur, transfère la capitale fatimide à Kairouan et s'empare de la Sicile en 948. À partir du premier tiers du XIIe siècle, la Tunisie est régulièrement attaquée par les Normands de Sicile et du sud de l'Italie (Royaume normanno-sicilien). En 1135, le roi normand Roger II s'empare de Djerba. En 1148, c'est Mahdia, Sousse et Sfax qui tombent aux mains des Normands. Toutefois, ils seront progressivement chassés et Mahdia, leur dernière place forte, n'est reprise aux Normands par les Almohades qu'en janvier 1160. Dans le même temps a lieu l'unification du Maghreb. L'économie devient florissante et des relations commerciales s'établissent avec les principales villes du pourtour méditerannéen (Pise, Gênes, Marseille, Venise et certaines villes d'Espagne). L'essor touche également le domaine culturel avec les œuvres du grand historien et père de la sociologie Ibn Khaldoun. Les Almohades confient la Tunisie à Abd al-Wâhid ibn Hafs. Son fils Abû Zakariyâ' Yahyâ se sépare d'eux en 1228 et fonde la nouvelle dynastie des Hafsides. Elle règne durant 3 siècles et devient totalement indépendante dès 1236. Les XVe et XVIe siècles voient l'arrivée des maures musulmans et juifs andalous chassés d'Espagne par la Reconquista. Dans le même temps, la côte devient un repaire de pirates barbaresques. Durant les dernières années de la dynastie des Hafsides, les Espagnols envahissent plusieurs des villes côtières qui seront reconquises, quelques années plus tard, par l'Empire ottoman. Sous le contrôle des gouverneurs ottomans, les beys, issus de la dynastie des Husseinites, obtiennent une indépendance virtuelle. En 1881, la Tunisie devient un protectorat français. Le pays est alors marqué par de profondes mutations touchant tous les domaines. Pendant ce demi-siècle de présence française, le pays est doté d’une infrastructure ferroviaire, routière et portuaire. Mais l’objectif de la colonisation est la mainmise sur les ressources du pays : elle doit en faire une chasse gardée de la métropole. On entame alors l’exploitation des ressources minières et on consacre d’importants investissements dans une agriculture mécanisée à hauts rendements. Or, la dégradation de la situation économique et sociale suscite l’effervescence nationaliste et la conscientisation de la population autochtone. La crise économique des années 1930 et les changements politiques, survenus en France et en Europe, favorisent la naissance d'organisations politiques, syndicales, philanthropiques, sportives, culturelles, de jeunesse, etc. Le mouvement de libération nationale émerge avec les premiers intellectuels formés au collège Sadiki puis en France : ceux qu’on appelle les Jeunes Tunisiens, rassemblés autour d’Ali Bach Hamba et Béchir Sfar puis, par la suite, d’Abdelaziz Thâalbi qui fonde le Destour et revendique l’indépendance du pays. Il appartient ensuite à Habib Bourguiba aidé par ses camarades, notamment Mahmoud Materi, Tahar Sfar et Bahri Guiga, de créer en 1934 le parti nationaliste du Néo-Destour. Au cours de la Seconde Guerre mondiale, la Tunisie devient le théâtre des premières opérations communes entre l’armée américaine et son alliée britannique en 1942-1943. Le corps principal de l’armée britannique commandé par le général Bernard Montgomery avance à partir de la Libye, après sa victoire dans la bataille d’El-Alamein, en direction du sud de la Tunisie (ligne Mareth) tandis que les États-Unis et d’autres alliés approchent par l’ouest à la suite de leur débarquement en Algérie et au Maroc (Opération Torch). L’Allemagne étant alors engagée dans la bataille de Stalingrad, il est facile de considérer la campagne de Tunisie comme un événement mineur mais en réalité elle a un impact important : elle ouvre la route de la Sicile et de l’Italie aux Alliés. Après la guerre, le Néo-Destour mène une lutte décisive qui conduit à l’autonomie interne (déclaration de Pierre Mendès France à Carthage en juillet 1954). Le protectorat s’achève avec la signature du traité d’indépendance par Tahar Ben Ammar et Edgar Faure le 20 mars 1956[2]. Le 25 juillet 1957, la Tunisie adopte le régime républicain et Habib Bourguiba devient le premier président de la nouvelle République Tunisienne. Le 1er juin 1959, la Tunisie adopte une nouvelle constitution (après celle de 1861). Bourguiba nomme comme premier ministre Bahi Ladgham, Hédi Nouira, Mohamed Mzali, Rachid Sfar et enfin Zine El-Abidine Ben Ali. Le 7 novembre 1987, le premier ministre Ben Ali annonce que Bourguiba est destitué car déclaré inapte à gouverner par un collège de médecins. Prenant sa place, en vertu de la constitution, il est ensuite reconduit en 1989, 1994, 1999 et 2004. |
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